mardi 27 juillet 2010

Les petits bois de peuplier sont de plus en plus recherchés


« Un tien vaut, ce dit-on, mieux que deux tu l’auras :
L’un est sûr l’autre ne l’est pas » ; Le petit poisson et le pêcheur ; Jean de La Fontaine


La question de la grosseur à laquelle il convient de récolter ses peupliers, que se posent nombre de populiculteurs, trouve peut-être sa réponse dans la morale de la fable citée ci avant…

Du point de vu des marchés :

Le prix de vente au m3 du peuplier n’est plus fonction de sa grosseur... C’est même tout le contraire…Ainsi, les arbres de plus de 2 m3 pièce qui suscitaient jadis la convoitise des scieurs locaux et qui se vendaient alors très chers n’intéressent désormais plus personne… A l’heure actuelle le principal débouché pour le peuplier est le déroulage (pour la production d’emballages légers ou de panneaux de contreplaqué) ce qui nécessite des arbres tendres et clairs donc jeunes… Les clients Italiens et Espagnols leaders sur le marché et principaux acheteurs dans nos régions déroulent ainsi de plus en plus fréquemment des arbres de 100 à 110 cm de circonférence produit en moins de 15 ans… Sans atteindre de telles extrémités que seule la proximité immédiate des usines permet, il est clair que ces clients ne sont plus intéressés par venir acheter en France des bois de 140, 150, voir 160 cm de circonférence… L’optimum correspond désormais à des bois jeunes (entre 15 et 18 ans), clairs (sur 2/3 de la section), parfaitement élagués (sur 6 m avec un minimum de 2.60 m sans marques d’élagage) et affichant une circonférence moyenne à 1.30 m comprise entre 120 et 130 cm. Les quelques transformateurs français encore présents sur le marché ont par ailleurs les mêmes exigences.

D’un point de vu de la qualité intrinsèque des bois :

Plus les bois vieillissent sur pied, plus ils seront nerveux et colorés et moins ils correspondront aux attentes des clients précédemment décrites… Ainsi, le gain de volume obtenu en conservant les arbres sur pied quelques années supplémentaires ne compensera pas, loin s’en faut, la perte de qualité de l’ensemble du lot.

D’un point de vu sanitaire :

Plus le populiculteur garde longtemps ses arbres sur pied plus il s’expose à des aléas climatiques tels que les tempêtes et à des aléas sanitaires tels que la rouille et le puceron lanigère… Ainsi dans les peupleraies parvenues à maturité il n’est pas rare de constater une stagnation voir une diminution des volumes de bois à l’hectare ; la mortalité d’une partie tiges finissant par excéder l’accroissement des tiges restantes.

D’un point de vu financier :

Pour toutes ces raisons le taux interne de rentabilité de l’investissement que représente la plantation et l’entretien d’une peupleraie est maximum avant 18 ans… Après celui-ci décroît… Ainsi il est plus rentable de faire une première génération de peupliers en 18 ans et d’en entamer une seconde sur 7 ans que de faire une seule rotation de 25 ans…

Dès qu’un lot de peupliers atteint 120 cm de circonférence moyenne, il convient donc d’en parler avec son technicien référent afin de planifier au mieux son exploitation et sa commercialisation qui pourront intervenir plus ou moins dans les deux années qui suivent…
Damien François