vendredi 10 septembre 2010

Plysorol, l'épilogue ?


Ce que nous préssentions depuis longtemps est en train de se produire: le tribunal de commerce de Lisieux a prononcé la liquidation judiciaire de l'ancien fleuron du contreplaqué en France le 8 septembre. Ceci à la demande de l'administrateur judiciaire.

C'est une catastrophe pour les 400 salariés d'abord qui perdrons probablement leur emploi mais également pour les populiculteurs de la moitié Nord de la France qui voient disparaitre un débouché local important.

Tout n'est pourtant pas encore définitivement terminé puisque le tribunal a donné jusqu'au 15 septembre au propriétaire chinois actuel Zhang Guohua pour trouver un repreneur fiable. 2 candidats se disent toujours intéressés.

Si un ou plusieurs projets de reprise sont validés, le tribunal de commerce autorisera la poursuite de l'activité durant 8 semaines, le temps de finaliser la transaction et la mise en place de la ou des nouvelles sociétés.

Même s'il est difficile d'espérer encore un dénouement heureux, tant que tout n'est pas définitif, croisons les doigts.

lundi 9 août 2010

L'emballage léger en bois a de l'avenir

A travers cette vidéo proposée par le Syndicat des Industriels français de l'Emballage Léger en bois on découvre toute la pertinence de cette filière dans un contexte de développement durable. C'est une industrie qui sait innover comme le montre ce très bon film.

mardi 27 juillet 2010

Les petits bois de peuplier sont de plus en plus recherchés


« Un tien vaut, ce dit-on, mieux que deux tu l’auras :
L’un est sûr l’autre ne l’est pas » ; Le petit poisson et le pêcheur ; Jean de La Fontaine


La question de la grosseur à laquelle il convient de récolter ses peupliers, que se posent nombre de populiculteurs, trouve peut-être sa réponse dans la morale de la fable citée ci avant…

Du point de vu des marchés :

Le prix de vente au m3 du peuplier n’est plus fonction de sa grosseur... C’est même tout le contraire…Ainsi, les arbres de plus de 2 m3 pièce qui suscitaient jadis la convoitise des scieurs locaux et qui se vendaient alors très chers n’intéressent désormais plus personne… A l’heure actuelle le principal débouché pour le peuplier est le déroulage (pour la production d’emballages légers ou de panneaux de contreplaqué) ce qui nécessite des arbres tendres et clairs donc jeunes… Les clients Italiens et Espagnols leaders sur le marché et principaux acheteurs dans nos régions déroulent ainsi de plus en plus fréquemment des arbres de 100 à 110 cm de circonférence produit en moins de 15 ans… Sans atteindre de telles extrémités que seule la proximité immédiate des usines permet, il est clair que ces clients ne sont plus intéressés par venir acheter en France des bois de 140, 150, voir 160 cm de circonférence… L’optimum correspond désormais à des bois jeunes (entre 15 et 18 ans), clairs (sur 2/3 de la section), parfaitement élagués (sur 6 m avec un minimum de 2.60 m sans marques d’élagage) et affichant une circonférence moyenne à 1.30 m comprise entre 120 et 130 cm. Les quelques transformateurs français encore présents sur le marché ont par ailleurs les mêmes exigences.

D’un point de vu de la qualité intrinsèque des bois :

Plus les bois vieillissent sur pied, plus ils seront nerveux et colorés et moins ils correspondront aux attentes des clients précédemment décrites… Ainsi, le gain de volume obtenu en conservant les arbres sur pied quelques années supplémentaires ne compensera pas, loin s’en faut, la perte de qualité de l’ensemble du lot.

D’un point de vu sanitaire :

Plus le populiculteur garde longtemps ses arbres sur pied plus il s’expose à des aléas climatiques tels que les tempêtes et à des aléas sanitaires tels que la rouille et le puceron lanigère… Ainsi dans les peupleraies parvenues à maturité il n’est pas rare de constater une stagnation voir une diminution des volumes de bois à l’hectare ; la mortalité d’une partie tiges finissant par excéder l’accroissement des tiges restantes.

D’un point de vu financier :

Pour toutes ces raisons le taux interne de rentabilité de l’investissement que représente la plantation et l’entretien d’une peupleraie est maximum avant 18 ans… Après celui-ci décroît… Ainsi il est plus rentable de faire une première génération de peupliers en 18 ans et d’en entamer une seconde sur 7 ans que de faire une seule rotation de 25 ans…

Dès qu’un lot de peupliers atteint 120 cm de circonférence moyenne, il convient donc d’en parler avec son technicien référent afin de planifier au mieux son exploitation et sa commercialisation qui pourront intervenir plus ou moins dans les deux années qui suivent…
Damien François

jeudi 17 juin 2010

Le feuilleton continue à Plysorol

L'inquiétude reste grande sur l'avenir du groupe Plysorol en France, notamment pour le site d'Epernay. Le tribunal de commerce de Lisieux qui devait plancher le 2 juin sur différentes offres de reprise a rejeté l'ensemble des propositions. Il a par ailleurs décidé de rendre les pouvoirs de gestion à l'actionnaire chinois Guohua Zhang après lui avoir retiré à l'occasion de la mise en redressement judiciaire le 9 avril dernier. La période d'observation se prolongera donc au moins jusqu'au 21 juillet, date à laquelle le tribunal se réunira pour faire un point d'étape. A l'issue de cette audience on saura si l'actionnaire respecte son engagement d'injecter 6 millions d'euros et si l'observation peut se prolonger jusqu'au 15 septembre, date à laquelle le tribunal examinera à nouveau des offres de reprise et un plan de continuation annoncé par les chinois.

Difficile donc de se retrouver dans ce feuilleton à rebondissement qui met en péril l'existence du groupe mais surtout le site d'Epernay, de plus en plus menacé. Ces attermoiements risquent en effet de celler définitivement son sort alors même qu'un projet sérieux porté par un groupe d'industriels et financiers régionaux donnait de réelles chances de redéveloppement à l'entité champenoise. Ce projet porté par M Jérôme Delanoé prévoyait la reprise de l'usine d'Epernay, le maintien de 60 emplois et comportait une vraie persepctive de reconstruction de l'activité sur le long terme. Cette candidature a été jugée recevable sur le plan financier et avait été bien accueillie par les représentants des salariés car elle était bâtie sur un projet industriel sérieux. Une perspective qui permettait également aux populiculteurs de Champagne et de Picardie d'espérer le maintien d'une activité de transformation régionale à long terme.

Le tribunal de Lisieux a jugé que le projet de reprise ne concernant qu'un des 3 sites français il n'était pas recevable. Quand on sait que les deux autres offres rejetées ne s'intéressaient pas à Epernay ou n'offraient pas de persepective, que les intentions des chinois sont de fermer l'activité industrielle champenoise, on ne peut comprendre cette position. Le tribunal de commerce de Lisieux persiste à exiger une reprise totale du groupe, quitte à exclure une possibilité pragmatique de maintien de l'unité suscitant peu d'intérêt de la part des autres repreneurs.

Une telle position pourrait donc bien être fatale à Plysorol Epernay sans pour autant donner de perspective claire aux autres sites.

Un mince espoir demeure toutefois dans la mesure où M Delanoé a annoncé qu'il persisterait le 15 septembre à présenter une nouvelle offre. Mais le temps joue contre Plysorol qui voit ses clients se tourner vers d'autres fournisseurs et son outil de production se dégrader faute d'entretien suffisant. Sans compter que des éléments clés du personnel ont déjà quitté l'entreprise, las d'attendre que des décisions sérieuses soient prises.

Sans marché, avec un savoir faire qui s'étiole et un outil de travail en déconfiture, il est difficile de croire au miracle. Car si Plysosorol Epernay survit c'est bien de ça dont il s'agira désormais.

lundi 31 mai 2010

Plysorol en observation jusqu'au 16 juin

Le tribunal de commerce de Lisieux, en charge de la procédure de redressement judiciaire de la société Plysorol qui détient encore un site de production à Epernay, a décidé de placer l'ex leader européen du contreplaqué en période d'observation jusqu'au 16 juin 2010. A cette date il tiendra une audience intermédiaire où il étudiera un plan de continuation déposé par le propriétaire chinois actuel Guohua Zhang.

Dans ce plan de continuation, s'il est accepté, le sort de l'unité d'Epernay serait loin d'être réglé dans la mesure où il serait prévu la cession du site. Ce pourrait être une opportunité pour des repreneurs industriels porteurs d'un projet de développement sérieux. Mais y aura-t-il des candidats au rachat d'une unité qui a déjà vu disparaître une bonne partie de ses marchés, la dégradation de son outil industriel et sans doute le départ d'une partie de ses salariés ?

Le temps joue en défaveur d'une possible reprise de cette usine et l'avenir s'assombrit sur la populiculture de la moitié Nord de la France avec le risque de disparition pure et simple de cette industrie.

Forêt & Bois de l'Est est prêt à accompagner une éventuelle reprise en proposant notamment d'en assurer l'approvisionnement à partir de la production de ses adhérents et d'autres structures coopératives qui s'associeraient à elle. Mais encore faut il qu'un projet sérieux voit le jour.

dimanche 11 avril 2010

Plysorol à nouveau en redressement judiciaire


L'espoir aura été de courte durée. Aucune des promesses faites par le repreneur chinois de Plysorol n'aura été tenue. Les sites industriels français (Fontenay le Comte, Lisieux et Epernay) auraient du bénéficier d'investissements promis pour 20 millions d'euros. Le ministre de l'industrie alerté dès la fin du printemps 2009 s'était rendu à Lisieux où on lui avait juré que toutes les promesses seraient tenues.

Force est de constater que cet industriel, M. Guohua Zhang, tient plus du brigand de grand chemin que de l'industriel responsable. Car les millions prévus n'ont pas été apportés mais sont désormais dus aux fournisseurs pour un montant de pas moins de...11 millions d'euros.

Comme nous l'écrivions le mois dernier, d'autres malhonnêtetés ont même conduit M. Guohua Zhang en prison au Gabon.

Désormais, deux administrateurs judiciaires sont en charge de ce redressement qui, espérons le, sera cette fois ci réalisé sur des bases plus réalistes. Aujourd'hui plusieurs repreneurs potentiels se sont fait connaître. Un groupe libanais déjà sur les rangs lors de la première reprise est toujours candidat. Des industriels régionaux sont intéressés par le site d'Epernay et sont particulièrement motivés pour rebâtir un projet porteur sur le long terme.

Il ne restera plus qu'au tribunal de commerce de Lisieux de faire preuve de pragmatisme et ne pas se laisser leurrer une nouvelle fois par un miroir aux alouettes.

mardi 30 mars 2010

Du nouveau à Epernay chez Plysorol ?

Après la consternation qui a suivi l'annonce de la fermeture définitive de Plysorol Epernay par le chinois Honest Timber repreneur "providentiel", le tribunal de commerce de Lisieux va peut être redonner un peu d'espoir aux populiculteurs champenois.

Il y a quelques semaines, des industriels locaux ont fait savoir leur intérêt de reprendre le site avec un vrai projet industriel, à condition que des décisions très rapides soient prises par les autorités judiciaires françaises et notamment le tribunal de commerce qui avait autorisé la reprise par M Guohua Zhang le patron d'Honest Timber.

Ils ont visiblement été entendus car ce vendredi 27 mars le tribunal de commerce de Lisieux a dilligenté une enquête qui devrait aboutir le 30 avril à une probable liquidation judiciaire de la société avec une nouvelle possibilité de reprise. Espérons cette fois que le tribunal de commerce fera preuve d'un peu plus de discernement et, plutôt que de céder aux sirènes de gens peu recommandables, choisira de faire confiance à des industriels français dont le sérieux est vérifiable et la réputation excellente. Mais la partie n'est pas gagnée car un autre repreneur basé au Ghana, dont l'offre n'avait pas été acceptée en 2009, est toujours sur les rangs, comme l'explique l'article paru le 29 mars sur le site Internet des chambres de commerce de Normandie reproduit ci-dessous. Sans remettre en cause le sérieux de cet industriel, il y a tout lieu de penser qu'il n'a d'yeux que pour la fameuse concession forestière gabonaise, représentant un enjeu considérable. La préoccupation des acteurs des filières bois champardenaises et picardes est de voir le site d'Epernay repris par des gens sérieux et motivés par un développement industriel pragmatiquement régional, à des années lumières des enjeux financiers internationaux que représente le bois exotique.


Article paru le 29 mars 2010 dans le portail normand de l'information économique :

Plysorol : le "sauveur" chinois désormais invité à revendre l’entreprise

Sommé par la justice de communiquer ses comptes, poursuivi par l’Urssaf, accusé d’exploiter de façon opaque ses forêts gabonaises, l’ex-leader européen du contreplaqué Plysorol se retrouve à nouveau dans la tourmente un an après sa reprise par un groupe chinois.

"Espoir, déception, trahison", pouvait-on lire vendredi sur une banderole devant le tribunal de commerce de Lisieux (Ouest) où quelque 200 des 450 salariés de l’entreprise, venus des trois sites français, Lisieux (Ouest), Epernay (Est) et Fontenay Le Comte (Centre), manifestaient pour un redressement judiciaire de leur entreprise.

Un an presque jour pour jour après avoir approuvé la reprise du groupe par le chinois Guohua Zhang, patron d’Honest Timber, qui promettait de garder tous les emplois, le tribunal examinait à nouveau la situation de l’entreprise qui cumule 10 millions d’euros d’impayés, selon l’avocat des salariés Me Philippe Brun.

"Plus le temps passe, plus les clients partent, plus on risque la liquidation. Il y a urgence, d’autant qu’il semble qu’il y a des repreneurs potentiels", a estimé Me Brun à la sortie de l’audience.

Les avocats du Libanais Ghassan Bitar, PDG de la société John Bitar & Co basée au Ghana et candidat malheureux à la reprise l’an dernier, parce que son plan prévoyait la suppression de plusieurs dizaines d’emplois, étaient présents devant le tribunal vendredi.

Dans l’attente d’une décision, la tension est chaque jour croissante entre le repreneur chinois et les salariés qui, à chaque manifestation, arborent une pancarte "M. Zhang, menteur".

"M. Wu (directeur général de Plysorol, NDLR) rend nous nos sous", clament les manifestants qui affirment que l’entreprise prélèvent sur leurs salaires les cotisations patronales à leur mutuelle.

Le drapeau de la République populaire de Chine érigé aux côtés du drapeau français à l’entrée de l’usine de Lisieux a disparu. La direction a demandé dans une note au personnel "de bien vouloir le réinstaller" dans un délai de 24 heures, sans quoi elle portera plainte.

Les syndicats affirment que M. Zhang, seul selon eux à pouvoir signer les chèques aux fournisseurs, est en prison depuis mardi pour trafic de passeport notamment, au Gabon, où Plysorol possède plusieurs centaines de milliers d’hectares de forêt, et dont le bois était au départ transformé en France.

"A Lisieux nous étions le seul des trois sites à travailler. Mais ce matin l’entreprise qui nous loue des chariots élévateurs en a repris plusieurs car la direction ne l’avait pas payée. On avait du bois jusqu’à mercredi mais dans ces conditions on ne va plus pouvoir travailler", a affirmé Edith Monory, de la CFDT.

Le repreneur avait renouvelé ses promesses d’investissement en France devant le ministre de l’Industrie Christian Estrosi fin octobre, mais les périodes de chômage partiel se sont multipliées et les accusations formulées par des associations écologistes spécialisées dans le transport maritime comme Robin des bois, trouvent de plus de plus en plus de crédit.

"Ce qui intéressait M. Zhang, ce sont les 500.000 hectares de forêt de Plysorol au Gabon qu’il gère depuis dans la plus grande opacité, au détriment de la biodiversité" et des salariés de l’entreprise, car il envoie directement le bois en Chine, affirme son responsable Jacky Bonnemains.

Source AFP