mardi 14 septembre 2010

Quand la vente sur pied ne fait plus recette

Ce matin avait lieu la première vente d'automne en feuillu à Bréviande. Les acheteurs sont inquiets car leur marché est difficile. Même s'ils ont des besoins en bois après avoir entammé leurs stocks ils n'ont pas été en mesure de faire rebondir le marché. Le reportage diffusé sur France 3 Champagne Ardenne en donne l'illustration.

Filière bois : pas de rebond - ECONOMIE - France 3 Lorraine Champagne-Ardenne : actualités de Champagne-Ardenne - France 3

Cette situation est paradoxale dans un monde économique qui connaît globalement une reprise lente mais dans un marché du bois européen en pleine euphorie.

Notre avis est qu'il faut en rechercher la raison dans la perte de compétitivité constante de nos industries du bois feuillu, encore soumises à un système d'approvisionnement archaïque basé sur la vente en bloc et sur pied. Ce système est couteux pour l'ensemble de la chaîne de valeur des produits forestiers car il mobilise énormément de ressources humaines. 10 lots visités et estimés pour 1 acheté, sans compter tous les frais liés à l'organisation des ventes et le surveillance des coupes. Il en résulte des coûts de matière entrée scierie exhorbitants par rapports aux autres industries européennes concurrentes sans pour autant que les producteurs soient particulièrement bien lotis.

Un manque de compétitivité qui coûte cher en perte de parts de marchés face à des concurrents étrangers qui eux l'ont amélioré. C'est ainsi qu'en 10 ans la France, premier massif forestier européen feuillu, a perdu 50% de sa capacité de production de sciage.

La relative résistance des professionnels champenois a sans doute masqué la dure réalité qui semble désormais les rattraper comme elle a déjà rattrapé ceux des autres régions françaises.

Les réformes de ce système ancestral doivent être entreprises rapidement pour contribuer à redresser cette situation sur le long terme et préserver des débouchés rémunérateurs aux forestiers. Investir dans une meilleure productivité ou dans des outils modernes gages d'une meilleur valeur ajouté nécessite de donner des assurances et des régularités d'approvisionnement aux scieries.

C'est la démarche que poursuit une grande partie de la coopération forestière française dans laquelle s'inscrit Forêts & Bois de l'Est dont l'objectif est de promouvoir une filière industrielle moderne à travers des contrats d'approvisionnement. Mode de vente qui trouve toute sa pertinence aujourd'hui car les clients industriels qui en ont gouté y reviennent et augmentent leur prix car il s'agit d'une méthode plus économique pour l'ensemble de la filière. les producteurs en sont donc aujourd'hui les premiers bénéficiaires.

vendredi 10 septembre 2010

Plysorol, l'épilogue ?


Ce que nous préssentions depuis longtemps est en train de se produire: le tribunal de commerce de Lisieux a prononcé la liquidation judiciaire de l'ancien fleuron du contreplaqué en France le 8 septembre. Ceci à la demande de l'administrateur judiciaire.

C'est une catastrophe pour les 400 salariés d'abord qui perdrons probablement leur emploi mais également pour les populiculteurs de la moitié Nord de la France qui voient disparaitre un débouché local important.

Tout n'est pourtant pas encore définitivement terminé puisque le tribunal a donné jusqu'au 15 septembre au propriétaire chinois actuel Zhang Guohua pour trouver un repreneur fiable. 2 candidats se disent toujours intéressés.

Si un ou plusieurs projets de reprise sont validés, le tribunal de commerce autorisera la poursuite de l'activité durant 8 semaines, le temps de finaliser la transaction et la mise en place de la ou des nouvelles sociétés.

Même s'il est difficile d'espérer encore un dénouement heureux, tant que tout n'est pas définitif, croisons les doigts.

lundi 9 août 2010

L'emballage léger en bois a de l'avenir

A travers cette vidéo proposée par le Syndicat des Industriels français de l'Emballage Léger en bois on découvre toute la pertinence de cette filière dans un contexte de développement durable. C'est une industrie qui sait innover comme le montre ce très bon film.

mardi 27 juillet 2010

Les petits bois de peuplier sont de plus en plus recherchés


« Un tien vaut, ce dit-on, mieux que deux tu l’auras :
L’un est sûr l’autre ne l’est pas » ; Le petit poisson et le pêcheur ; Jean de La Fontaine


La question de la grosseur à laquelle il convient de récolter ses peupliers, que se posent nombre de populiculteurs, trouve peut-être sa réponse dans la morale de la fable citée ci avant…

Du point de vu des marchés :

Le prix de vente au m3 du peuplier n’est plus fonction de sa grosseur... C’est même tout le contraire…Ainsi, les arbres de plus de 2 m3 pièce qui suscitaient jadis la convoitise des scieurs locaux et qui se vendaient alors très chers n’intéressent désormais plus personne… A l’heure actuelle le principal débouché pour le peuplier est le déroulage (pour la production d’emballages légers ou de panneaux de contreplaqué) ce qui nécessite des arbres tendres et clairs donc jeunes… Les clients Italiens et Espagnols leaders sur le marché et principaux acheteurs dans nos régions déroulent ainsi de plus en plus fréquemment des arbres de 100 à 110 cm de circonférence produit en moins de 15 ans… Sans atteindre de telles extrémités que seule la proximité immédiate des usines permet, il est clair que ces clients ne sont plus intéressés par venir acheter en France des bois de 140, 150, voir 160 cm de circonférence… L’optimum correspond désormais à des bois jeunes (entre 15 et 18 ans), clairs (sur 2/3 de la section), parfaitement élagués (sur 6 m avec un minimum de 2.60 m sans marques d’élagage) et affichant une circonférence moyenne à 1.30 m comprise entre 120 et 130 cm. Les quelques transformateurs français encore présents sur le marché ont par ailleurs les mêmes exigences.

D’un point de vu de la qualité intrinsèque des bois :

Plus les bois vieillissent sur pied, plus ils seront nerveux et colorés et moins ils correspondront aux attentes des clients précédemment décrites… Ainsi, le gain de volume obtenu en conservant les arbres sur pied quelques années supplémentaires ne compensera pas, loin s’en faut, la perte de qualité de l’ensemble du lot.

D’un point de vu sanitaire :

Plus le populiculteur garde longtemps ses arbres sur pied plus il s’expose à des aléas climatiques tels que les tempêtes et à des aléas sanitaires tels que la rouille et le puceron lanigère… Ainsi dans les peupleraies parvenues à maturité il n’est pas rare de constater une stagnation voir une diminution des volumes de bois à l’hectare ; la mortalité d’une partie tiges finissant par excéder l’accroissement des tiges restantes.

D’un point de vu financier :

Pour toutes ces raisons le taux interne de rentabilité de l’investissement que représente la plantation et l’entretien d’une peupleraie est maximum avant 18 ans… Après celui-ci décroît… Ainsi il est plus rentable de faire une première génération de peupliers en 18 ans et d’en entamer une seconde sur 7 ans que de faire une seule rotation de 25 ans…

Dès qu’un lot de peupliers atteint 120 cm de circonférence moyenne, il convient donc d’en parler avec son technicien référent afin de planifier au mieux son exploitation et sa commercialisation qui pourront intervenir plus ou moins dans les deux années qui suivent…
Damien François

jeudi 17 juin 2010

Le feuilleton continue à Plysorol

L'inquiétude reste grande sur l'avenir du groupe Plysorol en France, notamment pour le site d'Epernay. Le tribunal de commerce de Lisieux qui devait plancher le 2 juin sur différentes offres de reprise a rejeté l'ensemble des propositions. Il a par ailleurs décidé de rendre les pouvoirs de gestion à l'actionnaire chinois Guohua Zhang après lui avoir retiré à l'occasion de la mise en redressement judiciaire le 9 avril dernier. La période d'observation se prolongera donc au moins jusqu'au 21 juillet, date à laquelle le tribunal se réunira pour faire un point d'étape. A l'issue de cette audience on saura si l'actionnaire respecte son engagement d'injecter 6 millions d'euros et si l'observation peut se prolonger jusqu'au 15 septembre, date à laquelle le tribunal examinera à nouveau des offres de reprise et un plan de continuation annoncé par les chinois.

Difficile donc de se retrouver dans ce feuilleton à rebondissement qui met en péril l'existence du groupe mais surtout le site d'Epernay, de plus en plus menacé. Ces attermoiements risquent en effet de celler définitivement son sort alors même qu'un projet sérieux porté par un groupe d'industriels et financiers régionaux donnait de réelles chances de redéveloppement à l'entité champenoise. Ce projet porté par M Jérôme Delanoé prévoyait la reprise de l'usine d'Epernay, le maintien de 60 emplois et comportait une vraie persepctive de reconstruction de l'activité sur le long terme. Cette candidature a été jugée recevable sur le plan financier et avait été bien accueillie par les représentants des salariés car elle était bâtie sur un projet industriel sérieux. Une perspective qui permettait également aux populiculteurs de Champagne et de Picardie d'espérer le maintien d'une activité de transformation régionale à long terme.

Le tribunal de Lisieux a jugé que le projet de reprise ne concernant qu'un des 3 sites français il n'était pas recevable. Quand on sait que les deux autres offres rejetées ne s'intéressaient pas à Epernay ou n'offraient pas de persepective, que les intentions des chinois sont de fermer l'activité industrielle champenoise, on ne peut comprendre cette position. Le tribunal de commerce de Lisieux persiste à exiger une reprise totale du groupe, quitte à exclure une possibilité pragmatique de maintien de l'unité suscitant peu d'intérêt de la part des autres repreneurs.

Une telle position pourrait donc bien être fatale à Plysorol Epernay sans pour autant donner de perspective claire aux autres sites.

Un mince espoir demeure toutefois dans la mesure où M Delanoé a annoncé qu'il persisterait le 15 septembre à présenter une nouvelle offre. Mais le temps joue contre Plysorol qui voit ses clients se tourner vers d'autres fournisseurs et son outil de production se dégrader faute d'entretien suffisant. Sans compter que des éléments clés du personnel ont déjà quitté l'entreprise, las d'attendre que des décisions sérieuses soient prises.

Sans marché, avec un savoir faire qui s'étiole et un outil de travail en déconfiture, il est difficile de croire au miracle. Car si Plysosorol Epernay survit c'est bien de ça dont il s'agira désormais.

lundi 31 mai 2010

Plysorol en observation jusqu'au 16 juin

Le tribunal de commerce de Lisieux, en charge de la procédure de redressement judiciaire de la société Plysorol qui détient encore un site de production à Epernay, a décidé de placer l'ex leader européen du contreplaqué en période d'observation jusqu'au 16 juin 2010. A cette date il tiendra une audience intermédiaire où il étudiera un plan de continuation déposé par le propriétaire chinois actuel Guohua Zhang.

Dans ce plan de continuation, s'il est accepté, le sort de l'unité d'Epernay serait loin d'être réglé dans la mesure où il serait prévu la cession du site. Ce pourrait être une opportunité pour des repreneurs industriels porteurs d'un projet de développement sérieux. Mais y aura-t-il des candidats au rachat d'une unité qui a déjà vu disparaître une bonne partie de ses marchés, la dégradation de son outil industriel et sans doute le départ d'une partie de ses salariés ?

Le temps joue en défaveur d'une possible reprise de cette usine et l'avenir s'assombrit sur la populiculture de la moitié Nord de la France avec le risque de disparition pure et simple de cette industrie.

Forêt & Bois de l'Est est prêt à accompagner une éventuelle reprise en proposant notamment d'en assurer l'approvisionnement à partir de la production de ses adhérents et d'autres structures coopératives qui s'associeraient à elle. Mais encore faut il qu'un projet sérieux voit le jour.

dimanche 11 avril 2010

Plysorol à nouveau en redressement judiciaire


L'espoir aura été de courte durée. Aucune des promesses faites par le repreneur chinois de Plysorol n'aura été tenue. Les sites industriels français (Fontenay le Comte, Lisieux et Epernay) auraient du bénéficier d'investissements promis pour 20 millions d'euros. Le ministre de l'industrie alerté dès la fin du printemps 2009 s'était rendu à Lisieux où on lui avait juré que toutes les promesses seraient tenues.

Force est de constater que cet industriel, M. Guohua Zhang, tient plus du brigand de grand chemin que de l'industriel responsable. Car les millions prévus n'ont pas été apportés mais sont désormais dus aux fournisseurs pour un montant de pas moins de...11 millions d'euros.

Comme nous l'écrivions le mois dernier, d'autres malhonnêtetés ont même conduit M. Guohua Zhang en prison au Gabon.

Désormais, deux administrateurs judiciaires sont en charge de ce redressement qui, espérons le, sera cette fois ci réalisé sur des bases plus réalistes. Aujourd'hui plusieurs repreneurs potentiels se sont fait connaître. Un groupe libanais déjà sur les rangs lors de la première reprise est toujours candidat. Des industriels régionaux sont intéressés par le site d'Epernay et sont particulièrement motivés pour rebâtir un projet porteur sur le long terme.

Il ne restera plus qu'au tribunal de commerce de Lisieux de faire preuve de pragmatisme et ne pas se laisser leurrer une nouvelle fois par un miroir aux alouettes.